26 juillet 2007 - 08h10
Agence France-Presse
Gwladys Fouche
Oslo
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Le jeune homme de 28 ans est l'un des 150 heureux élus à avoir été retenus pour passer gratuitement une nuit cette semaine dans le rayon literie d'un magasin norvégien du géant suédois de l'ameublement.
Alors que la suite nuptiale avec son lit rond et son chandelier sont dévolus aux jeunes tourtereaux, la suite de luxe accueille cette nuit-là un autre couple, à qui l'on servira le petit-déjeuner au lit.
Moins chanceux, les autres pensionnaires d'un soir devront se contenter de passer la nuit sous des duvets blancs et jaunes dans un «dortoir», la section où les clients choisissent d'ordinaire leur matelas.
«Nos trois enfants ont repéré cette offre sur internet. Nous avions prévu de passer nos vacances près d'Oslo et on a pensé que ce serait marrant de dormir en famille chez Ikea», témoigne Vanya Olsen, mère de trois enfants, dans une chambre dotée d'une fausse salle de bain.
«C'est cool de dormir dans un magasin», s'exclame sa fille de 12 ans, Emmely, tandis qu'Emilie, 9 ans, court à en perdre haleine entre les meubles d'exposition.
«J'aime bien cette table dans notre chambre. Peut-être que je l'achèterai demain», reprend Mme Olsen.
À 22h, une heure avant la fermeture des portes, les pensionnaires sont accueillis par un groom en uniforme rouge. Deux femmes d'étage portant robe noire et tablier blanc préparent les lits. L'établissement fournit les draps, les robes de chambre et les chaussons.
Un en-cas --des sandwichs aux crevettes-- est servi à 23h, juste avant qu'un employé du magasin ne lise aux enfants le conte d'une petite fille enfermée dans un Ikea.
Bien que tamisées, les lumières du magasin restent allumées la nuit. À 4h du matin, les premiers employés poussent des palettes entre les lits. C'est «business as usual» chez Ikea.
Oeufs brouillés, bacon et charcuterie sont au menu du petit-déjeuner, servi comme il se doit dans la section cuisine de l'établissement, quelques minutes seulement avant que le magasin ne rouvre ses portes au public.
Véritable cauchemar pour ceux que le braillement des enfants et les files d'attente interminables rebutent, les expéditions chez Ikea ont valeur de pélerinage en Scandinavie.
Plus de 1200 personnes se sont portées candidates à l'une des 150 places disponibles. Dans la nuit de mardi à mercredi, un tiers des hôtes étaient des Suédois qui avaient fait le voyage pour l'occasion.
Malgré le manque flagrant d'intimité, deux hommes devaient en profiter pour demander la main de leurs petites amies respectives. «Apparemment, un de ces couples s'est rencontré chez Ikea», indique M. Ullebust.
Pour Mme Olsen et sa famille, le jeu en valait la chandelle. «C'était mieux qu'une nuit à l'hôtel. Je le referai», affirme l'ambulancière.
D'autres repartent avec des cernes. «Les lumières, le bruit... Je crois bien que c'était la dernière fois», lâche Alexander Augst, le futur marié.
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