7 juin 2007 - 06h27
La Presse
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Le Québec peut compter sur un atout de taille pour limiter la délocalisation des emplois de haut savoir et tirer parti de la mondialisation: le niveau de protection de la propriété intellectuelle.
Selon une étude réalisée par Pierre Martin et Christian Trudeau, de l'Université de Montréal, la délocalisation devrait entraîner la perte de 1150 emplois en ingénierie entre 2003 et 2008.
«Nous ne sommes pas alarmistes, le génie québécois n'est pas en crise, mais ce sont quand même 1150 emplois d'ingénieurs qui n'auront pas lieu au Québec à cause du phénomène», a déclaré le président du Réseau des ingénieurs du Québec, Étienne Couture, en conférence de presse mercredi.
Si les ingénieurs s'inquiètent au sujet de la délocalisation et de la mondialisation, ils estiment cependant qu'il s'agit d'une occasion à ne pas manquer.
Pour en tirer avantage, il faut faire valoir les atouts du Québec, notamment son environnement d'affaires, ce qui comprend la protection de la propriété intellectuelle et la règle de droit qui règne dans la province.
«Les règles juridiques commerciales sont claires et une entreprise qui veut investir chez nous sait qu'elle pourra ultimement recourir aux tribunaux si nécessaire et que ceux-ci appliqueront la loi et rendront justice en toute impartialité», explique le réseau dans son rapport de consultation.
La qualité reconnue des ingénieurs québécois constitue, selon le réseau, un autre grand atout du Québec.
«Nos ingénieurs se distinguent par la qualité de leurs produits et services, par leur bilinguisme, par leur ouverture à diverses cultures, par leur capacité à travailler en équipe, par leur initiative», a déclaré M. Couture.
Le réseau croit que le gouvernement du Québec devrait faire valoir ces atouts, notamment sur son site internet.
«Le gouvernement du Québec devrait moderniser sa stratégie d'attraction de l'investissement étranger pour positionner les forces du Québec auprès des gouvernements étrangers ainsi qu'auprès des entreprises d'ici et d'ailleurs», écrit le Réseau des ingénieurs du Québec.
La consultation effectuée par le réseau a également permis de mettre en lumière l'importance de la formation continue des ingénieurs. De plus en plus, les ingénieurs d'ici seront appelés à superviser le travail effectué par des collègues à l'étranger.
«On aura besoin de s'adapter, a déclaré M. Couture. Les ingénieurs devront notamment occuper une plus grande place comme décideurs.»
Il a affirmé qu'il ne fallait pas jouer à l'autruche devant le phénomène de la délocalisation.
«La mondialisation, ce n'est pas nous qui allons l'arrêter, a-t-il déclaré. Il faut s'outiller pour y faire face, pour tirer notre épingle du jeu.»
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